Manifestation anti LGV à Marseille le 1er septembre
Dépêche de l'AFP : Plusieurs centaines de personnes, dont des élus et des viticulteurs, ont manifesté lundi à Marseille pour exprimer leur inquiétude concernant un projet de tracé de la ligne à grande vitesse entre Aix-en-Provence et Nice qui pourrait passer dans l'arrière-pays provençal.
Arborant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Touche pas à mon vin" ou encore "Cézanne, réveille-toi, ils sont devenus fous", les manifestants, venus des environs d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et de villes du Var, ont défilé de la Canebière jusqu'à la préfecture où une délégation devait être reçue.
Deux possibilités de tracé sont en lice pour le futur TGV qui doit mettre Nice à moins de quatre heures de Paris (3H35 pour le meilleur scénario) contre 5H30 actuellement: l'un dit "tracé des métropoles" passe par Aix, Marseille, Toulon et Nice, l'autre dit "Côte d'Azur" plus directe, éviterait Marseille et Toulon.
Le choix du deuxième tracé "serait une catastrophe et détruirait l'économie locale", a estimé Jean-Louis Canal, maire du Rousset, dans les environs d'Aix-en-Provence.
"Notre principale colère est liée au revirement du maire de Marseille" sur ce dossier, a-t-il expliqué. Jean-Claude Gaudin (UMP) s'était résigné fin juin à ce que le tracé "des métropoles" soit abandonné.
Il y a un "manque de concertation inadmissible", a jugé le maire de Châteauneuf-Le-Rouge (Bouches-du-Rhône).
Plusieurs vignerons étaient également venus exprimer leur mécontentement.
"On a attendu longtemps pour obtenir l'appellation Côtes-de-Provence Sainte-Victoire et maintenant, ils veulent tout massacrer pour gagner 15-20 minutes", a regretté Edmée Jauffret, viticultrice à Trets (Bouches-du-Rhône), dont la famille travaille la vigne depuis 1865.
Selon la préfecture, aucun tracé n'a pour le moment été choisi.
Réseau ferré de France (RFF) devait présenter quatorze variantes possibles pour les deux tracés. Le ministre des Transports tranchera dans le courant du deuxième semestre 2008. Ce tracé restera à affiner dans les cinq ans à venir, pour que les travaux soient engagés d'ici 2020.